Les arbres et les arbustes font partie intégrante du jardin. Judicieusement associés, ceux-ci offriront de somptueux effets grâce à la diversité de leurs ports, leurs tailles, leurs types de feuillages, leurs couleurs et leurs floraisons. Si planter un arbre peut sembler facile, il n’en reste pas moins que pour réussir ses plantations, certaines précautions sont à prendre et certains gestes sont recommandés

1 - Choisir ses arbres et ses arbustes


1.1 - Racines nues et conteneurs

A partir du printemps, l’achat d’arbres et d’arbustes en racines nues est à proscrire puisque la végétation ne sera plus en dormance. Autrement dit, la végétation aura débuté et les chances de bonne reprise seront nulles. Les arbres et arbustes en racines nues doivent être mis en terre rapidement. Dans le cas où la plantation est impossible pour des raisons climatiques ou personnelles, plusieurs solutions s’offrent à vous. La première solution consiste à conserver les arbres quelques jours dans un local frais à l’abri du gel en recouvrant les racines d’un linge humide. La seconde solution est la mise en jauge qui est en quelque sorte une plantation temporaire. On choisira un endroit à l’abri d’un mur ou d’une haie pour creuser un trou, y déposer l’arbre et recouvrir les racines de terre légère ou de sable.

Arbres fruitiers racines nues demi-tige 6/8
Figure 1: Arbres fruitiers en racines nues demi-tige 6/8 cm

La plantation des arbres et arbustes en conteneurs peut être réalisée toute l’année hors période de gel. Lors du choix d’un arbre ou arbuste en conteneur dans une jardinerie on prendra d’abord soin d’inspecter les racines : si celles-ci sortent du conteneur par les trous d’écoulement, cela signifie que la plante est restée trop longtemps dans un conteneur trop petit. Les chances de bonne reprise sont alors menacées. On s’assurera ensuite de la bonne ramification des branches : celles-ci doivent être bien fournies et le plus bas possible. Lors de l’achat d’un conifère, on vérifiera également que la flèche ne soit pas cassée.

1.2 - La composition du sol

Le sol est constitué de plusieurs éléments présents en quantités variables : l’humus, l’argile, le sable et le calcaire. L’élément qui s’imposera déterminera alors la nature du sol. Le pH (Potentiel Hydrogène) est également un autre indice élémentaire pour déterminer les capacités d’un sol. Cet indice compris sur une échelle de 0 à 14 représente le degré d’acidité du sol. Des kits de mesure de pH sont disponibles dans toutes les jardineries.

Echelle de pH
Figure 2: échelle de pH (Potentiel Hydrogène)

Les arbres, les arbustes et plus généralement les végétaux n’ont pas tous les mêmes besoins nutritifs. C’est pour cette raison que le choix des essences doit de préférence correspondre à la composition du sol. Toutefois, si le degré d’acidité est un problème prédominant, une modification du pH est possible.

Dans un sol plus ou moins calcaire, on plantera par exemple : acacia, arbre de Judée, bouleau, charme, chêne, hêtre, buddleia, buis, forsythia, lilas, noisetier, noyer, peuplier, prunier, seringat, spirée, tilleul, yucca, etc. Dans un sol plutôt acide, on préfèrera les plantes dites de terre de bruyère : azalée, bruyère, rhododendron, hortensia mais aussi camellia, magnolia, genêt, etc.

Exemples d'arbres et d'arbustes
Figure 3: exemples d'arbres ou d'arbustes

1.3 - L'emplacement

L’emplacement des arbres et arbustes est un point à ne surtout pas négliger. D’une part, un volume aérien trop important sur une surface inadaptée réduit considérablement l’intérêt esthétique. D’autre part, un développement racinaire de grande ampleur peut, sur du long terme, causer de sérieux dégâts si l’arbre est trop proche d’une habitation. Il est donc vivement conseillé de respecter les distances de plantation généralement indiquées sur l’étiquette de la plante.

La législation en vigueur concernant les distances de plantation précise qu’un arbre ne dépassant pas 2 mètres peut être planté à 50 cm de la limite de propriété. Si l’arbre dépasse 2 mètres, celui-ci devra être planté à 2 mètres minimum de la limite de propriété.

Législation et distances de plantation
Figure 4: les distances de plantation et la législation en vigueur

2 - Les bons gestes avant la plantation


2.1 - L'habillage

L’habillage consiste à sectionner l’extrémité des racines par une coupe franche. Les racines abimées doivent également être supprimées. On tentera d’équilibrer au mieux le volume des tiges extérieures avec celui des racines. On éliminera enfin les tiges abimées ou qui se croisent et celles qui reviennent vers le centre. Ce soin doit être apporté à tous les arbres et arbustes à racines nues (hors conifères).

Habillage
Figure 5: habillage des racines

2.2 - Le pralinage

Le pralinage des plantes à racines nues est une technique recommandée pour protéger les racines contre leur dessèchement, pour favoriser la pousse des radicelles et donc permettre une meilleure reprise lors de la plantation. Ce soin consiste simplement à plonger les racines nues dans une boue dite de pralinage que l’on peut faire soi-même ou trouver en jardinerie sous la forme de poudre concentrée. Ce pralin est un mélange de terre de jardin et de compost bien décomposé. On y versera de l’eau jusqu’à obtenir un mélange onctueux.

Pralinage
Figure 6: le pralinage

3 - La plantation


3.1 - Les arbres et arbustes à racines nues

La plantation des plantes à racines nues se situe entre octobre et fin mars (sauf par temps de gel), période qui suit la chute des feuilles et qui précède le redémarrage de la végétation au printemps. Durant cet intervalle, la plante est au repos et sa pousse n’est pas perturbée.

1 - Ouvrir un trou de 80 cm de circonférence et 80 cm de profondeur environ en prenant soin de séparer la terre végétale de surface et la terre du sous-sol.

2 - Remplir le fond du trou avec de la bonne terre de surface en y apportant un compost bien décomposé, des fumures organiques et si besoin un engrais. Attention, les fumures doivent être réparties de manière à ce qu’elles ne soient pas en contact direct avec les racines.

3 - Bien répartir les racines au fond du trou et vérifier que le collet ou la greffe arrive légèrement au-dessus du niveau du sol.

4 - Les racines étant recouvertes de bonne terre, tasser modérément et avec précaution avec le pied.

5 - Terminer le remplissage du trou avec la terre disponible en formant une cuvette permettant un bon arrosage lequel aura pour but de parfaire le tassement et assurer une meilleure reprise.

Récapitulatif de la plantation d'un arbre à racines nues
Figure 7: récapitulatif de la plantation d'un arbre à racines nues

3.2 - Les arbres et arbustes en conteneurs

La plantation des arbres et arbustes conditionnées en conteneurs peut être réalisée toute l’année hors période de gel et pas forcément immédiatement après l’achat. Une heure avant la plantation et afin de faciliter la sortie de la motte, faire tremper le conteneur dans un seau d’eau.

1 - Ouvrir un trou du double de la motte et remplir le fond du trou avec de la bonne terre de surface en y apportant un compost bien décomposé et si besoin un engrais.

2 - Retirer le conteneur, effriter superficiellement la motte et griffer légèrement les racines pour les démêler.

3 - Poser avec précaution la motte au fond du trou et s’assurer que le haut de celle-ci soit au même niveau que la surface du sol.

4 - Combler avec la terre disponible et tasser doucement avec le pied en formant une petite cuvette pour un meilleur arrosage.

Récapitulatif de la plantation d'un arbre en conteneur
Figure 8: récapitulatif de la plantation d'un arbre en conteneur

3.3 - La transplantation des arbres

Déplacer un arbre ou un arbuste est parfois nécessaire et le meilleur moment pour réaliser cette opération correspond à la période de repos végétatif entre octobre et fin mars.

1 - Ouvrir un trou circulaire autour du tronc à la limite des branches, surface qui correspond approximativement à l’ampleur des racines principales.

2 - Lisser à la bêche les bords de la motte ainsi obtenue pour maintenir la terre. Dans le bas de la motte, creuser ensuite en biais afin de sectionner progressivement les racines situées en-dessous.

3 - Envelopper si nécessaire la motte d’une toile de jute ou d’un filet pour la transporter.

3.4 - Le tuteurage

Le tuteurage des arbres est souvent nécessaire les premières années. Pour les arbres à racines nues, le tuteur devra être placé dans le trou avant de placer l’arbre afin de ne pas abimer les racines. Pour les arbres en conteneurs, le tuteur devra être enfoncé solidement à 45° pour ne pas toucher les racines et sera orienté face aux vents dominants. Enfin, le tronc doit être fixé au tuteur avec un lien à la fois solide et extensible afin de ne pas abimer l’écorce et de ne pas empêcher la forme naturelle du tronc. Le tuteur peut être enlevé au bout de 2 à 3 ans.

4 - Les soins après la plantation


Après la plantation, un bon arrosage est indispensable. Pour une plus grande efficacité, il est utile de former une cuvette autour du tronc afin de maintenir l’eau et la faire pénétrer plus rapidement vers les racines. En cours de végétation et dès les premières chaleurs, plus particulièrement durant les mois de juillet et août, il est nécessaire d’aider la reprise par de copieux arrosages. En été, la cuvette peut éventuellement être recouverte d’un paillis qui atténuera l’action trop forte du soleil sur les jeunes racines. En soirée, des bassinages sur les parties aériennes peuvent également âtre pratiqués.